Un nouvel outil de prédiction des risques peut identifier avec précision les survivants d'AVC présentant le risque le plus élevé de développer une démence dans la décennie suivant un accident vasculaire cérébral, selon une vaste étude canadienne. Cette recherche, qui sera présentée à la Conférence internationale sur l'AVC 2026 de l'American Stroke Association, a analysé les dossiers de santé de près de 50 000 adultes hospitalisés pour un AVC afin de créer et de valider un modèle de risque.
Les chercheurs ont constaté qu'environ un adulte sur trois a développé une démence après un AVC à long terme. Le nouvel outil stratifie les personnes en cinq niveaux différents de risque de démence après un AVC en fonction de leur état de santé sous-jacent, des caractéristiques de l'AVC et des facteurs de risque. Les facteurs associés à un risque plus élevé de développer une démence après un AVC comprenaient l'âge avancé, un handicap préexistant avant l'AVC, un niveau de handicap plus élevé après l'AVC, une hémorragie intracérébrale par rapport à un AVC ischémique, le diabète, des symptômes cognitifs pendant l'hospitalisation ou la dépression.
L'étude a utilisé les données du Registre des AVC de l'Ontario, qui comprenait les admissions hospitalières pour AVC entre 2002 et 2013 au Canada. Les participants à l'étude tirés du registre pour l'élaboration du score de risque comprenaient 7 554 adultes avec accident ischémique transitoire, 13 833 avec AVC ischémique et 2 340 avec hémorragie intracérébrale. Tous les participants ont été suivis pour un diagnostic de démence jusqu'en mars 2024, avec un suivi moyen de 7,5 ans après l'AVC.
Le calculateur de risque a utilisé les principaux facteurs de risque de démence pour classer les individus en différents niveaux de risque estimé au cours des 10 années suivant un AVC. Ceux dans la catégorie de risque estimé la plus élevée avaient une probabilité de 50 % de démence sur 10 ans, contre 5 % pour les participants dans la catégorie de risque la plus faible. Le score a été élaboré dans le Registre des AVC de l'Ontario et validé dans l'Audit des AVC de l'Ontario, un échantillon distinct et aléatoire de patients de tous les hôpitaux de la province.
Selon le principal auteur de l'étude, le Dr Raed A. Joundi, M.D., D.Phil., M.Sc., l'objectif est d'avoir un outil pratique, utilisable au chevet du patient, qui puisse prédire le risque de démence après un AVC. L'outil prédit des taux de démence très proches des taux observés et pourrait aider à recruter des patients à haut risque ayant subi un accident ischémique transitoire, un AVC ischémique ou une hémorragie intracérébrale dans des essais cliniques visant à réduire le risque à long terme de démence. Plus d'informations sur les statistiques des AVC sont disponibles sur www.stroke.org.
L'objectif actuel de l'outil de prédiction du risque de démence est de stratifier les patients en différents niveaux de risque pour les études de recherche et les essais cliniques sur la prévention de la démence, plutôt que pour la prise de décision clinique ou le traitement. Les auteurs de l'étude notent que si l'accent traditionnel a été mis sur la prévention d'un nouvel AVC, la démence est plus fréquente qu'une récidive d'AVC à long terme. Des choix de vie sains et le contrôle des facteurs de risque vasculaire peuvent réduire le risque de démence, mais de nouvelles interventions ciblées et efficaces pour la prévention de la démence sont nécessaires.
L'experte bénévole de l'American Stroke Association, le Dr Deborah A. Levine, M.D., M.P.H., qui n'a pas participé à l'étude, a noté que la démence après un AVC est très difficile pour les patients et leurs proches, et qu'il n'existe pas suffisamment de traitements efficaces pour aider. Cette étude bien menée fournit un outil utile qui pourrait accélérer la recherche, afin que de nouveaux traitements puissent atteindre plus rapidement les survivants d'AVC. Le résumé de cette recherche est disponible dans le Programme en ligne de la Conférence internationale sur l'AVC 2026 de l'American Stroke Association.
Les limites de l'étude incluent l'absence de données sur le type de démence qui pourrait se développer. Les chercheurs n'ont pas eu accès aux examens d'imagerie des participants à l'étude, ce qui aurait fourni des informations plus détaillées sur la localisation et la taille de leur AVC ou la présence d'infarctus cachés. L'étude présentée dans ce communiqué de presse est un résumé de recherche, et les résultats sont considérés comme préliminaires jusqu'à leur publication sous forme d'article complet dans une revue scientifique évaluée par des pairs.


